Volume 25 No 1 – Automne 2016

Regards sur la diversité culturelle en santé mentale

 

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Sommaire

Carnet éditorial – Santé mentale et diversité culturelle : au cœur du mieux vivre ensemble

Auteures

Guylaine Cloutier, assistante éditrice, revue le partenaire, AQRP

Collaboration : Esther Samson, éditrice, revue le partenaire, AQRP

Résumé

Au cours de la dernière année, nous avons pu suivre dans l’actualité l’exode des Syriens de leur pays, le plus grand déplacement de masse depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Canada a d’ailleurs contribué à l’accueil de milliers d’entre eux. De plus, la population autochtone a été sous la mire des nouvelles dans plusieurs dossiers : celui de la Commission de vérité et réconciliation du Canada qui a remis son rapport final après avoir recueilli pendant six ans les témoignages sur les sévices subis par les anciens élèves des pensionnats autochtones; celui de l’Enquête nationale annoncée sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées; celui des conditions de vie dans certaines communautés. La couverture médiatique de ces sujets explique sans aucun doute l’intérêt pour notre comité d’édition de consacrer ce numéro à la thématique de la diversité culturelle dans notre province et pays et à son rapport à la santé mentale.

En ouverture, Kharoll-Ann Souffrant, étudiante d’origine haïtienne en travail social, traite de l’importance de la « sensibilité culturelle » dans nos pratiques d’intervention en santé mentale. Suivent quelques données démographiques sur la diversité culturelle au Québec, un portrait réalisé par Marie-Josée Pruneau qui permet en un clin d’œil de constater la réalité de la mixité culturelle québécoise.

Janique Johnson-Lafleur aborde ensuite la question de l’intervention en santé mentale dans un contexte interculturel. L’auteure explore les enjeux d’ordre clinique, éthique et politique et des pistes de solutions pour les intervenants.

Pour poursuivre notre réflexion, Emmanuelle Bolduc nous entretient des représentations de la santé mentale et de l’influence de la culture et de la migration sur le processus de formation de celles-ci. Carole Boulebsol met ensuite en valeur la pertinence de l’utilisation des interprètes médiateurs culturels à partir de l’expérience de la clinique pédiatrique transculturelle de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Et Maria Teresa Justino nous parle de son parcours de rétablissement influencé par l’origine portugaise de sa famille et de sa communauté.

Par ailleurs, nous avons jugé opportun de faire une place significative à la population autochtone, premiers habitants de notre territoire, avec les textes d’Audrey Vézina et Natacha Hervieux et du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec. Ces textes nous brossent un tableau différent de ce qu’on a pu apprendre dans nos cours d’histoire et nous familiarisent avec le concept du mieux-être personnel – qui se distingue du concept de la santé mentale – ainsi qu’avec des projets porteurs d’espoir pour ces peuples résilients. Et si nous tirions des leçons de ces textes? Reconnaître certaines erreurs commises dans le passé pourrait orienter aujourd’hui notre façon d’accueillir les gens d’autres cultures…

D’autre part, nous avons le plaisir d’avoir la collaboration de Raymond Tempier de l’Ontario et celle de Léna Diamé Ndiaye du Manitoba qui tous deux nous font part d’une perspective canadienne de la diversité culturelle dans un contexte linguistique minoritaire. Le premier nous souligne combien les personnes qui ne possèdent pas les compétences linguistiques nécessaires ont de la difficulté à avoir accès aux services de santé mentale. Le second nous décrit le caractère incontournable de la prise en compte des représentations de la santé mentale, en particulier pour les jeunes Africains présentant un trouble mental, dont la nature exacte échappe encore aux professionnels de la santé à cause de ces dites représentations.

En guise de conclusion sur ce thème, Ellen Corin nous invite à repenser notre rapport à l’autre aussi bien dans notre vie que dans nos programmes et nos services, en mettant l’accent sur ce qui nous est commun.

Nous sommes conscients que ce numéro n’éliminera pas les préjugés vis-à-vis de la diversité culturelle, mais nous espérons avoir réussi à mettre en évidence l’importance de la culture dans les représentations de la santé mentale de tous et chacun et donc d’en tenir compte dans nos relations et interventions.

En clôture du numéro, nous retrouvons notre rubrique Nous avons lu pour vous, où Catherine Joly commente pour nous le livre Stigmatisation – Les troubles mentaux en milieu de travail et dans les médias de masse de Henri Dorvil et coll., un commentaire qui nous invite à plonger dans cette lecture!

Chronique du Franc-Tireur – De l’importance de la sensibilité culturelle pour l’avenir du travail social

Auteure

Kharoll-Ann Souffrant, étudiante, 1er cycle en travail social, Université McGill; utilisatrice de services en santé mentale

Résumé

À venir

La diversité culturelle au Québec – un bref aperçu

Auteures

Marie-Josée Pruneau, agente de projet, Association québécoise pour la réadaptation psychosociale (AQRP)

Collaboratrice : Esther Samson, éditrice, revue le partenaire, AQRP

Résumé

Portrait démographique de la diversité culturelle au Québec avec quelques statistiques sur l’immigration, la région de Montréal et sur les Premières Nations.

Intervenir en santé mentale en contexte interculturel : quelques enjeux à considérer

Auteure

Janique Johnson-Lafleur, M. Sc., coordonnatrice de recherche, Centre de recherche SHERPA, CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal (CODIM)

Résumé

Dans le domaine de l’intervention professionnelle en santé mentale, tenir compte de la culture soulève de multiples enjeux et représente un défi important pour les cliniciens. Or, la diversité culturelle de la population du Québec est maintenant bien réelle et les situations cliniques interculturelles sont de plus en plus fréquentes. Ce texte aborde la question de l’intervention en santé mentale en contexte interculturel en portant une attention particulière à la position des intervenants qui vivent ces questionnements dans leurs pratiques. Des enjeux d’ordres clinique, éthique et politique sont explorés et des pistes de solutions pour les intervenants sont proposées.

Les représentations culturelles de la santé mentale

Auteure

Emmanuelle Bolduc, MBA; Étudiante M. Sc., Psychiatrie sociale et transculturelle, Université McGill; Coordonnatrice, ACCESS Esprits ouverts Parc-Extension, SHERPA-Institut universitaire au regard des communautés culturelles du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

Résumé

Face à la santé mentale, à son expérience et à la maladie, comment les conceptions et les croyances se modifient-elles? Quelles sont leur effet sur le plan collectif et individuel? C’est à partir de ces questions que l’article suivant discute des représentations de la santé mentale et de l’influence de la culture et de la migration sur le processus de formation de celles-ci. De plus, la perspective des jeunes quant à la façon dont on se représente la santé mentale est abordée via la mise en place d’un projet novateur.

Pertinence de l’utilisation d’un interprète médiateur culturel en contexte d’intervention en santé mentale

Auteure

Carole Boulebsol, intervenante communautaire; membre, Comité des relations interculturelles, Association canadienne pour la santé mentale; membre fondatrice, Collectif pour l’approche transculturelle (CAT); étudiante, maîtrise en travail social, Université du Québec à Montréal; ancienne coordonnatrice (2010-2016), Clinique pédiatrique transculturelle, Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Résumé

Depuis 1999, la Clinique pédiatrique transculturelle de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont se spécialise dans le soutien de familles immigrantes et réfugiées dont un ou plusieurs enfants sont « exposés » car ils présentent des difficultés dont l’origine ou le symptôme sont liés à la migration (interne et internationale), à la culture (filiation et affiliation) ou à des croyances particulières (religion et mysticisme). Nous insisterons dans ce court article sur la pertinence d’utiliser des interprètes médiateurs culturels (IMC) en contexte d’intervention en santé mentale en nous appuyant sur quelques vignettes cliniques qui témoigneront de l’importance de la considération clinique tant pour les langues que pour les cultures.

Ma culture, ma famille, ma foi : les déterminants de mon rétablissement

Auteure

Maria Térésa Justino, paire aidante certifiée

Résumé

À venir

Mieux-être des Premières Nations : une histoire de résilience

Auteures

Audrey Vézina, conseillère en santé mentale

Collaboratrice : Natacha Hervieux, conseillère en mieux-être et prévention des dépendances, Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL)

Résumé

L’ampleur des problématiques sociales et de santé chez les Autochtones du Canada témoignent des effets persistants de la colonisation et de l’oppression, qui creusent l’écart entre leur état de santé et celui de la population canadienne en général. Toutefois, le mieux-être est possible et se révèle à travers la résilience dont ils font preuve. La réappropriation et la valorisation de l’identité et de la culture des Autochtones est au cœur de leur rétablissement et constituent des déterminants essentiels de leur santé.

Cet article a pour but d’effectuer un survol de certains événements ayant marqué l’histoire des Premières Nations, de donner un aperçu des problèmes sociaux auxquels elles font face et de fournir de l’information sur leur conception du mieux-être et au sujet d’initiatives en santé mentale se déroulant dans certaines communautés.

Le mieux-être chez la population autochtone en milieu urbain

Auteures

Tanya Sirois, directrice générale; Jacinthe Poulin, chargée de projets en santé et en services sociaux; Joannie Caron, responsable des communications, Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec

Résumé

Cet article présente la conception du mieux-être personnel, en distinction au concept de santé mentale, chez les populations autochtones qui composent avec la réalité urbaine. L’holisme est au cœur du mieux-être global de l’individu chez les Premières Nations : Mino Madji8in, concept autochtone où l’harmonie et l’équilibre sont à la base de la quête du mieux-être individuel et collectif. Plus de la moitié des Premières Nations résident dans les villes au Québec et des préoccupations socioéconomiques propres à cette population ressortent.

Accès aux services de santé mentale : un défi pour les Franco-Ontariens

Auteur

Raymond Tempier, M.D., M. Sc., FRCPC

Résumé

Les patients qui ne possèdent pas les compétences linguistiques nécessaires ont un accès réduit aux services de santé mentale. Savoir si le niveau des services de santé mentale reçus varie en fonction d’un groupe linguistique minoritaire demeure une question peu explorée au Canada. Nous avons examiné l’accès aux psychiatres par groupe linguistique chez tous les patients de l’Ontario hospitalisés en psychiatrie, entre 2005 et 2013, utilisant à cet effet le Residents Assessment Inventory-Mental Health. On a trouvé que les Franco-Ontariens étaient beaucoup moins susceptibles d’être visité par un psychiatre durant leur hospitalisation en psychiatrie. Le défi pour l’Ontario voulant assurer des services de santé en Français est de donner un accès équitable aux services de santé mentale pour des Francophones, même si leur nombre peut être faible dans certaines régions.

L’offre de services en santé mentale des jeunes immigrants francophones d’origine africaine : une réflexion sur les représentations et les conceptions à partir du contexte manitobain

Auteur

Léna Diamé Ndiaye, Ph. D., Professeur, Université de Saint-Boniface, Winnipeg

Résumé

En contexte d’immigration, la prise en compte des représentations de la santé mentale est importante surtout dans la prise en charge des jeunes africains. Au Canada, les questions liées aux représentations ont été peu explorées. L’offre de services de santé mentale pour les jeunes francophones issus de l’immigration africaine n’intègre pas de manière structurée les dimensions relatives aux représentations et aux conceptions. Celles-ci renvoient à la nécessité de l’acquisition de compétences culturelles chez les prestataires de services qui gravitent autour des jeunes immigrants aux prises avec des problèmes de santé mentale. En contexte linguistique minoritaire, c’est un enjeu fondamental en dehors de l’enjeu linguistique. La plupart des jeunes immigrants présentant un trouble mental échappe encore aux professionnels de santé à cause des représentations. Celles-ci sont au centre des rapports dysfonctionnels entre les familles et les professionnels sur les questions de santé mentale des jeunes. C’est un truisme de souligner que les comportements de recherche d’aide des familles issues de l’immigration africaine francophones, leur mode d’utilisation des services et leurs ressources informelles de prise en charge doivent faire l’objet d’une documentation plus poussée pour mieux intervenir auprès des jeunes.

Rencontrer l’autre dans ses ressemblances et dans ses différences

Auteure

Ellen Corin, membre, Société psychanalytique de Montréal

Résumé

La diversité croissante de notre société nous oblige à repenser notre rapport à l’autre étranger, aussi bien dans nos vies que dans nos programmes et nos services. En commençant par identifier certaines sources de malentendus, les réflexions proposées ici visent préciser des repères pour une position qui à la fois reconnaisse et prenne en considération les différences apparentes dans la rencontre, et qui mette l’accent sur ce qui nous est commun. Deux grands modèles d’intervention en santé mentale sont considérés : l’un qui met l’accent sur les différences culturelles, et l’autre qui travaille à soutenir des passages entre les cultures.

NOUS AVONS LU POUR VOUS... Livre Stigmatisation – Les troubles mentaux en milieu de travail et dans les médias de masse de Henri Dorvil, Laurie Kirouac et Gilles Dupuis, Presses de l’Université du Québec, 2015

Auteure

Catherine Joly, conseillère en intégration socioprofessionnelle, Service alternatif d’intégration et de maintien en emploi (SAIME)

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